Transporter un blessé sur un brancard avec une assistance respiratoire, un monitoring multiparamètres, une perfusion veineuse continue.
Réaliser un examen échographique diagnostic sous terre. Permettre à de multiples intervenants médicaux : médecins, infirmiers, ambulanciers de regarder et s’exercer à la manipulation.
Tester la mise en place d’un ambulancier au PC afin de faire le lien avec le SAMU.
Pour le matériel médical : travailler avec ce qui existe au SAMU 38 en prévoyant l’évolution de ce matériel, car nous imaginons que le scénario prévu est rare en secours réel, hélas l’expérience montre que le milieu agressif, les délais d’alerte, contribuent à conduire à l’issue fatale d’une victime polytraumatisée.
Cet exercice fait suite à l’exercice du Gampaloup en 2007 au cours duquel un brancard lourdement médicalisé est extrait de la grotte et à celui de 2008 au Trisou au cours duquel l’échographie souterraine à été testée.
Une spéléologue est victime d’une chute de plusieurs mètres de haut dans la rivière souterraine de Gournier. Elle souffre d’un traumatisme crânien grave imposant une assistance respiratoire. Au cours de ce secours, un sur accident intervient : un spéléologue est victime d’une fracture à la cheville.
Pour ce qui est du rôle de chacun, il est conseillé de se référer au compte-rendu global, en effet il y a eu beaucoup de participants qui ont pu observer et/ou participer aux différentes manipulations.
Seront examiné dans ce compte-rendu le retour d’expérience de cet exercice en essayant une prospective pour les secours à venir : un deuxième document présente la dotation médicale du SAMU 38 .
Nous rappelons que l’échographe est le seul appareil d’imagerie médicale transportable facilement.
Un examen échographique permet : de visualiser un épanchement intra thoracique, intra abdominal, de confirmer les fractures, de suivre l’évolution d’un traumatisme crânien. La manipulation de cet appareil requiert une formation associée à une pratique régulière.
Un appareil Titan de la société Sonosite a permis de réaliser un examen échographique. Ce matériel bien que robuste a été conditionné dans une mallette pour ordinateur elle même emballée dans une mousse à cellule fermée puis dans un sac étanche. L’ensemble transporté avec précautions n’a pas subis de dégâts, l’examen a pu se dérouler sans problème.
Les bouteilles utilisées sont celles utilisée quotidiennement par le SAMU 38 et les sapeurs pompiers ; Il s’agit de bouteilles de 5 litres gonflées à 150 bars. A la pression atmosphérique elles contiennent donc 5 X 150 = 750 litres d’oxygène. Pour l’assistance respiratoire avec un respirateur pneumatique, il faut considérer que le respirateur posera des problèmes de fonctionnement à partir de 30 bars. Il suffit donc de faire quelques petits calculs en tenant compte du volume courant administré, de la fréquence respiratoire, du pourcentage d’oxygène dans le mélange (pour les respirateurs de transport 50 % (le plus souvent) où 100%) pour anticiper les changements de bouteilles d’oxygène.
Les bouteilles d’oxygène sont conditionnées à l’extérieur de la cavité dans un sac spéléo auquel elles sont solidarisées par une cordelette. Il existe sur le marché des kits dont la hauteur est suffisante : un obus d’oxygène fait 65 cm de haut et son diamètre est adapté aux sacs spéléo. Une protection est réalisée par une gaine en mousse.
Lors de l’exercice les bouteilles sont positionnées dans leur sac entre les jambes du blessé. Lors du changement de bouteille, un autre sac spéléo contenant la bouteille chargée remplace le premier qui est renvoyé à la surface pour y mettre une nouvelle bouteille. L’avantage de ceci se décline à deux niveaux :
Le transport avec le brancard des appareils de surveillance impose un sac de protection positionné sur le bassin ou les cuisses du blessé. Son poids faible n’a pas posé de problème au blessé fictif (médecin anesthésiste). Un sac en texair de marque TATONKA a été modifié afin de protéger les appareils tout en permettant la lecture des différents écrans. Le couvercle opaque a été remplacé par une couverture transparente.
Un trou situé à l’avant permet de faire sortir : câble du scope, tuyau de l’appareil à tension, valve et tuyau du respirateur, ligne de perfusion ; cet accès est rendu imperméable par l’adjonction d’une gaine plastique solidarisée (gaine d’arthroscope) à l’aide de colliers utilisés par les électriciens.
Un trou en face arrière permet de brancher la bouteille d’oxygène. Celui-ci est volontairement laissé ouvert afin de permettre au ventilateur de récupérer de l’air ambiant.
La fixation de ce dispositif sur le brancard spéléo se fait à l’aide de sangles et sur 4 anneaux prévus à cet effet ajoutés sur le brancard spéléo
Ce sont ceux utilisés quotidiennement au SAMU 38 pour le secours en montagne :
Il faudra aussi utiliser des dispositifs non mis en œuvre lors de l’exercice :
Cet appareillage ne rentre pas dans un bidon spéléo, il est donc conditionné dans 2 sacs étanches superposés et protégé par de la mousse.
D’autre part, l’utilisation du Heatpack systématiquement devrait permettre d’éviter le refroidissement du blessé.
Cet aspect a été à peine effleuré lors de l’exercice à Gournier, en effet le transport d’un tel blessé requiert une surveillance de tous les instants avec des arrêts très fréquents afin de recueillir sur une fiche de surveillance les constantes hémodynamiques, les médicaments administrés, l’évolution clinique. Ceci impose donc :
Il a permis à une équipe de jeunes médecins de prendre en charge un blessé souffrant d’une fracture de la cheville. Une attelle en résine a été réalisée et une analgésie simulée.
Il est à prévoir un bidon : immobilisation plâtrée (liste de matériel au SAMU ; le constituer au cas par cas)
Cet exercice a permis de progresser au niveau du transport sous terre du matériel électronique. Lors d’un secours spéléo, une fois les premières équipes engagées, il paraît très important de réfléchir et savoir perdre le temps nécessaire à constituer le complément de matériel adapté à la victime. Un véhicule SAMU avec matériel médical, un auxiliaire médical permettent de compléter l’efficacité de la médicalisation.
Merci aux membres de l’équipe qui ont fait passer de nombreuses remarques utiles pour l’avenir et au SAMU 38 très largement impliqué dans le secours spéléo depuis de nombreuses années